Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

C’est une remarque que j’entends régulièrement, sachez-le aussi bien de la part de certains lecteurs que de membres plus ou moins dubitatifs de mon entourage qui aimeraient bien dormir tranquillement plutôt que de devoir affronter des réflexions sur des sujets qui ne sont pas forcément très joyeux en tout cas de prime abord.

J’ai eu tort d’acheter de l’or, j’ai perdu sur mon « investissement » et la « rentabilité » n’est pas au rendez-vous, j’aurais mieux fait d’acheter des actions, ou même d’investir dans un bon vieux contrat d’assurance-vie fonds euros en bonnes obligations d’Etat français parfaitement solvable !!

C’est une façon de voir. Et pour être un peu provoquant je dirais même que c’est la façon de voir des perdants, car dans cette approche, il n’y a pas de conviction mais des accusations. Il n’y a pas de responsabilité personnelle mais la recherche du bouc-émissaire, il n’y a pas de volonté de protection, mais une envie de gain… l’appât du gain, le lucre même… or ce sont tous ces travers qui font justement vos pertes (passées, présentes) futures.

Il ne se passe rien ! En êtes vous vraiment sûr ?

Avant d’aller plus loin dans ce partage de réflexion, je vous pose la question, « pensez-vous qu’il ne se passe vraiment rien » ?

Bien évidemment, le soleil se lève toujours à l’est pour se coucher à l’ouest… il vaut mieux d’ailleurs et il n’y aurait pas grand chose à faire pour se préparer à un phénomène cosmique qui inverserait cette réalité.

Bien évidemment, en France, les magasins sont toujours achalandés, les banques ouvertes, les distributeurs de billets approvisionnés, les allocations sont versées, les impôts sont payés, les policiers mettent des PV, les enfants vont à l’école, les enseignants enseignent et les grévistes manifestent, bref, tout est absolument normal… il n’y a donc rien à faire, juste enfouir la tête dans le sable et s’auto-persuader que tout va très bien.

Tout est en train de changer mais l’être humain vit dans la permanence du présent !

L’être humain est ainsi fait qu’il ne retient que les bons souvenirs, les mauvais s’effacent… ma femme a toujours du mal à me croire quand je lui dis qu’elle réinvente complètement l’histoire ou qu’elle enjolive en toute bonne foi des souvenirs ou des moments passés… Pourtant, si la mémoire était parfaitement objective on ne ferait jamais plusieurs enfants… surtout les dames, car pour nous les messieurs faire un enfant reste tout de même assez facile, pour les dames, c’est un peu plus compliqué voire, même douloureux… pourtant la mémoire occultera ces moments.

L’être humain vit dans l’illusion de la permanence du présent. Tout ce qui est aujourd’hui, là, maintenant, tout de suite, a toujours été et sera toujours ainsi. Or, le monde que j’ai connu enfant est en train de totalement disparaître.

J’ai connu un monde de héros, d’hommes, de virilité. Un monde où les mecs fumaient, un monde où il n’y avait pas de place pour les « LGBT », un monde où il y avait des frontières, des monnaies nationales, le service national. J’ai grandi dans un monde où nous n’attachions pas nos ceintures en voiture parce qu’il n’y en avait pas à l’arrière, où l’on prenait le volant avec 2 grammes d’alcool.
Les enfants n’avaient pas de siège bébé aux normes euro NCAP b245184j25lmoa…
J’ai grandi dans un monde où les films étaient lents… un monde où l’on avait des dessins animés qui racontaient des morales, qui faisaient la différence entre le bien et le mal, j’ai grandi dans un monde où les enfants rêvaient de devenir pompiers, policiers, ou gendarmes, parfois même médecins du monde pour sauver l’Afrique !

Ce monde là, je ne le vois plus.

Nous n’avons plus de frontière !
Nous n’avons plus de monnaie !
Nous n’avons plus nos normes mais nous ne pouvons plus rien faire sans remplir des tonnes de papiers, dossiers et formulaires pour avoir le droit de mettre un simple cabanon pour les outils dans le jardin.
Nous n’avons plus de héros !
Nous avons des films violents !
Nous avons des enfants déstructurés qui rêvent de devenir riches !

Nous avons en termes généraux, un monde devenu en tout point profondément minable, profondément malade.

En termes économiques, c’est la même chose. Nous pensons que tout ce qui est, est, a été, et sera toujours, pourtant, tout change autour de vous.

Nous avions le plein emploi, nous avons le chômage de masse et que celui qui ne connaît pas un chômeur lève la main le premier !!!

Nous avions un ratio de dette sur PIB de 20% lorsque François Mitterrand a été élu président. Nous sommes aujourd’hui à presque 100%… ; rien n’a changé parce que pour le moment cela tient… mais pourtant tout à changé et avoir 20% de dettes ou 100% ce n’est pas la même chose.

Nous avions de la croissance et chaque décennie, la croissance moyenne de la décennie présente était inférieure à la décennie précédente. La reprise vous l’avez vue vous ? Non, il n’y en a pas eu. Mais la prochaine crise arrive, nos dettes sont au plus haut, nous avons de moins en moins de réserves, nous n’avons plus de croissance, l’économie s’asphyxie sous le poids des prélèvements obligatoires nécessaires pour financer un état providence devenu obèse.

Il ne se passe rien, et pourtant, le code du travail est détricoté, les accords de libre échange se multiplient sans que l’on vous demande votre avis, les lois réduisent votre accès aux espèces, vous n’avez plus le droit de disposer physiquement de votre argent, les taux d’intérêt deviennent négatifs, l’épargne va coûter au lieu de rapporter de l’argent, les gens perdent leur boulot et n’en retrouvent pas, bref, tout change, tout, jusqu’à la conception que nous avons des droits de l’homme et de la démocratie.

Aujourd’hui la France est en état d’urgence. Le premier ministre a saisi le conseil d’Etat pour savoir s’ill pouvait créer des centres d’internement préventifs…. un Guantánamo à la française, un camps de concentration sans les fours pour le moment. Le gouvernement a également saisi la cour européenne des droit de l’homme pour lui expliquer, que l’on allait déroger aux droits de l’homme.

Il ne s’agit pas ici de débattre du bien-fondé de telle ou telle mesure. Mais de vous montrer à quel point le monde change, le monde change et vous ne voulez pas le voir parce que ces changements sont tellement effrayants qu’il est nettement plus confortable de se précipiter vers le mensonge qui rassure plutôt que de regarder en face ces vérités qui dérangent.

C’est l’histoire de la fable de la grenouille !! Vous êtes des grenouilles !!!

Enfin pas tous, ceux qui pensent que rien ne change et que finalement tout va bien. Il ne faut pas confondre deux notions. Ce n’est pas parce que tout ne s’est pas effondré que tout va bien. Un tel raisonnement est absurde.

Tout va mal et tout va de plus en plus mal et c’est la raison pour laquelle à un moment donné tout cela s’effondrera. Quand ? Je n’en sais rien ! Sous quelle forme ? Je n’en sais rien exactement !

En attendant beaucoup veulent croire que tout ira mieux demain. Pourtant les faits ne donnent pas raison à cette approche. Par exemple, je ne suis pas devin, mais j’ai 40 ans. En 40 printemps je n’ai vu les impôts que monter… monter, et monter encore, à tel point que je fini par penser que les seigneurs et le roi nous coûtaient moins chers en impôts avant la révolution que les « saigneurs » pour lesquels nous votons depuis des décennies. Logiquement je peux vous annoncer que les impôts vont continuer à monter et que vous avez tout intérêt à payer vos impôts aujourd’hui au prix d’aujourd’hui, plutôt que d’attendre plus tard que les « zimpôts » baissent… ce qui n’arrivera jamais… Cela n’ira donc pas mieux demain, bien évidemment on vous le promettra, vous direz qu’il faut voter pour tel candidat parce ci ou ça… et tout empirera.

C’est la grenouille, la grenouille est dans une casserole d’eau froide, on fait chauffer l’eau tout doucement, elle ne se rend compte de rien la petite grenouille elle trouve même l’eau du bain tellement agréable, puis la température monte, monte, et elle ne se rend pas compte qu’elle est en train de s’affaiblir, lorsque tout devient trop chaud, la petite grenouille n’a plus la force de donner le coup de pattes salvateurs qui la sortirait de cette casserole. Elle meurt, « foutue, bouillue » !!!

C’est l’inconscience funeste du changement, orchestrée et organisée aussi à votre décharge par les autorités qui jusqu’au bout vous diront que tout va pour le mieux et qu’il ne faut pas s’inquiéter. En 1986, le nuage radioactif s’était arrêté à nos frontières.

Le monde change considérablement !

Faut-il se replier ou au contraire avoir des projets ? Investir ou sécuriser au maximum ? Voilà de véritables questions. Je pense que la meilleure des gestions patrimoniales doit vous permettre de faire les deux. Vous devez vous préparez au pire. Cela veut dire avoir par exemple un lieu de repli hors des grandes agglomérations ou vous pourrez à défaut d’être autosuffisant, beaucoup plus autonomes, mais cela ne doit pas vous empêcher d’investir dans une start-up si vous le souhaitez, ne serait-ce parce que en réalité, l’épargne ne rapporte plus rien, voire va même vous coûter. Dans un tel contexte, investir dans des actions d’une entreprises est un actifs tangibles (une action est un titre de propriétés).

Pour le dire autrement, je pense qu’aujourd’hui il faut fuir l’assurance vie… mais pas dans tous les cas !!! Un très gros patrimoine qui en cas de succession serait taxé à 60% a tout intérêt à profiter de l’assurance vie défiscalisée car… si l’état fait faillite, il n’y aura peut-être que 50% d’effacement de la dette donc de votre épargne…

La famille qui aujourd’hui détient 80% de ses actifs financiers en assurance vie à peut-être intérêt à remplacer cela par une maison à la campagne ET un investissement à hauteur de 10 ou 20% dans une ou deux entreprises (pas les entreprises cotées du CAC 40). Mais un tel investissement est très risqué. Il faut donc sécuriser cela avec de l’or et des actifs tangibles par exemple. Dans un monde de taux négatifs, il va de toutes les façons être très difficile de vous donner du rendement sans risque. La seule façon d’avoir du rendement sera d’investir pour vous et en vous ! Créer votre entreprise n’est pas non plus une mauvaise idée au contraire.
Bref, le monde change et vous voudriez (enfin ceux qui me disent que rien ne se passe) placer votre argent comme avant. Surtout ne rien changer à votre façon de faire pour être sur de ne prendre aucun risque puisque rien ne change… hein, dites, hein, il ne s’est rien passé ?

J’ai une mauvaise nouvelle

Il vous sera très, très difficile de gagner de l’argent avec votre argent au moins pour les 20 ans qui viennent ! Encore une fois, la BCE (même si certains disent qu’il ne se passe rien) a passé ses taux à -0,30% et cela se poursuivra. Comme se poursuivra la guerre contre le terrorisme et la hausse des impôts nécessaire pour la financer…

La mauvaise nouvelle c’est que vous allez être pour beaucoup ruinés. Ce n’est pas une hypothèse. C’est une évidence même si pour le moment vous avez encore vos sous, cela ne durera pas encore très longtemps.

Mais j’ai aussi une bonne nouvelle, il y a des choses possibles, des choix à faire, vous avez encore certaines libertés malgré l’état d’urgence, mais ne vous leurrez pas, l’état d’urgence mènera notre pays à une forme moderne d’économie de guerre qui est le prochain thème de ma lettre STRATEGIES.

Enfin pour celles et ceux qui tremblotent encore ou qui vacillent dans leurs convictions, l’URSS était très, très forte. La CIA ne s’est rendue compte de l’effondrement soviétique que lorsque le mur de Berlin lui ai tombé dessus. La veille, nous tremblions encore devant le nombre de divisions russes capables d’atteindre Paris en 48 heures. Je me souviens encore de ce reportage à la télé en 1985 qui expliquait comment une invasion communiste se déroulerait. L’empire soviétique s’est effondré et il s’est effondré dans quelque chose. Je veux dire par là que l’Empire soviétique a été récupéré par les autres pays, par un autres système économique. Aujourd’hui dans un monde globalisé, mondialisé, ou tout est imbriqué, un effondrement sera par définition planétaire et d’une gravité extrême.

C’est pour cela que pour le moment, tout tient encore, tout tient mais tout change. La première des choses nécessaire pour vous protéger vous et vos proches et d’être conscient de ces changements. Une véritable conscience. Le reste n’est que de l’intendance.

En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT
Insolentiae signifie impertinence en latin

Publicités