Dan Popescu  Analyste financier / Membre de l’équipe éditoriale de Goldbroker.com

Mr. Popescu est analyste indépendant en placements et étudie le marché de l’or et l’argent et leurs futurs rôles dans le système monétaire international. Il suit depuis 1970 le marché de l’or, de l’argent et des devises étrangères. Il détient un baccalauréat en physique expérimentale (1993) de l’université Concordia de Montréal, Canada et le certificat de gestionnaire de placement canadien (1999) du CSI. Il est membre et a été président en 2004 de la CSTA et il a aussi été président de l’association CFA Montréal en 2005. Il est membre du CFA Institute, de la MTA, du NYSSA, UKSIP, de la CSTA et du Gold Standard Institute International.

Mes articles


Le rôle de la Chine dans le marché de l’or

 

 

« Quand la Chine aura un droit de parole sur le marché international de l’or, les vrais prix se révèleront. » Xu Luode, président du Shanghai Gold Exchange (1)

 

Graphique #1: L’or vs le renminbi

 

On ne peut comprendre le marché de l’or actuel sans comprendre le rôle que la Chine et, d’une manière différente l’Inde, y jouent. Le marché de l’or est très opaque en général, et le marché chinois, en particulier, l’est encore plus. Dans cet article, je vais analyser le rôle de la Chine dans le marché de l’or. En 1950, la Chine communiste a interdit la possession privée d’or et a placé l’industrie aurifère sous contrôle de l’État. Cinquante ans plus tard, la Banque Populaire de Chine abandonna son monopole sur l’achat, l’allocation et le prix de l’or. En 2004, pour la première fois depuis 1950, les particuliers ont eu le droit de détenir et d’échanger de l’or. La Chine est devenue le plus important marché d’or physique au monde. Le pays est maintenant le premier producteur et le premier consommateur d’or. Le World Gold Council, dans un récent rapport sur la Chine et l’or, s’attend à ce que la demande du secteur privé chinois atteigne au moins 1,350 tonnes d’ici 2017. Aujourd’hui, la Chine est le plus grand marché pour les lingots d’or, en partie grâce au succés des initiatives de développement des grandes banques chinoises.

Dans un excellent article dans le Gold Forecaster, intitulé « La Chine a le contrôle du prix de l’or », Julian D.W. Phillips écrit : « La Chine n’est pas seulement la principale force dans le marché mondial de l’or, mais elle contrôle le marché de l’or. Elle opère très intelligemment, pour que cela ne soit pas visible. La Chine a trouvé un moyen d’acheter de l’or sans faire grimper le prix. La Chine, à travers ses banques d’affaires, achète de l’or, autant au détail que sur les marchés ‘officiels’ de Londres et New York, ‘lors des creux’. La Banque Populaire de Chine n’achète pas d’or directement. Elle utilise des agents qui, lorsque la Banque Populaire décide qu’il est dans l’intérêt national d’agrandir les réserves d’or, livre l’or acheté via S.A.F.E., l’agence qui effectue les achats pour elle. Pour s’assurer de maintenir les prix bas, l’or que la Chine achète vient principalement de sources ‘hors marché’. Ne vous laissez pas induire en erreur : la Chine fait tout ce qu’elle peut pour garder le prix de l’or au plus bas, afin d’acquérir l’or vendu par les autres investisseurs. C’est ainsi qu’elle contrôle les prix de l’or! La Chine veut contrôler ce taux et gérer le processus d’internationalisation sans être vulnérables aux ‘attaques’ qui pourraient empêcher ce contrôle. C’est en ayant cela à l’esprit que la Chine accumule de l’or via les mains ‘officielles’ et celles des Chinois. Nous sommes convaincus que, si c’est dans l’intérêt national, la Chine n’hésitera pas à confisquer l’or de ses citoyens. Nous ne croyons pas que la Chine ait établi un ‘plafond’ sur la quantité d’or qu’elle veut acquérir! » (1)

Le World Gold Council écrit aussi : « L’augmentation majeure d’or physique sur le marché chinois en 2012 et, surtout, en 2013 pourrait être en partie reliée à des achats officiels massifs. » (2) La Chine achète aussi beaucoup de mines d’or à travers le monde. Cette tendance d’achat retire un énorme volume d’or du marché et des mains des acheteurs traditionnels, et pour longtemps.

La demande d’or en Chine ne peut pas avoir augmenté de cette manière sans la bénédiction des autorités. J’étais intrigué, au départ, par cet encouragement actif d’un gouvernement, d’autant plus d’un gouvernement communiste et totalitaire. Non seulement l’or est une alternative à la monnaie officielle, mais il est aussi hors de portée du gouvernement, si besoin. J’en suis venu à la conclusion que le gouvernement chinois encourage ses citoyens à investir leurs économies dans l’or, entre autres pour mettre un frein à l’accumulation de devises étrangères, ce qui aurait pu mettre le Yuan sous pression. Avec très peu d’opportunités d’investissement, l’accumulation se serait faite en devises étrangères, surtout en dollars US. J’ai observé ce phénomène, à la fin des années ’90, en Europe, avant l’introduction de l’euro. Il y eut une course au « marché noir » pour convertir les monnaies locales (franc français, lire italien, mark allemand etc.) en dollars US afin d’éviter d’avoir à les déclarer aux autorités, même si cela coûtait plus cher. Cela a poussé le dollar à la hausse.

Une autre hypothèse crédible est que, comme le dit le récent rapport du World Gold Council sur le progrès et les perspectives du marché chinois de l’or : « Les dirigeants Chinois considèrent l’or de leurs citoyens comme partie intégrante des réserves du pays qui pourraient servir en cas d’urgence, » et « la mobilisation en Corée du Sud des stocks d’or de la population au cours de la crise financière asiatique a impressionné les Chinois. » (2) C’est aussi ce qu’a dit Julian D.W. Phillips dans le rapport (Gold Forecaster) cité plus haut.

La croissance de la Chine depuis 1980 a été incroyablement forte (graphique #2). L’économie chinoise a décollé avec les réformes économiques de Deng Xiaoping en 1978. Les hauts taux d’épargne ont financé pleinement les investissements chinois et les ont soutenus à un niveau très élevé.

 

Graphique #2: PIB chinois et croissance du PIB

En 1978, le revenu par habitant en Chine était d’à peine plus de $200 en dollars actuels. En 2013, ce chiffre a grimpé à $6,850. Dans le graphique #3, nous pouvons comparer le taux d’épargne national de la Chine avec celui des États-Unis. Le taux d’épargne des Chinois est passé d’un niveau déjà élevé de 39,2% en 1990, à 51,4% en 2012, alors que le niveau déjà très bas d’épargne aux États-Unis, est passé de 18,7% en 1990 à seulement 20,3% en 2012.

 

Graphique #3: Épargne nationale en pourcentage du PIB

 

Le World Gold Council écrit également : « L’augmentation importante de l’offre de l’or sur le marché chinois en 2012, et surtout 2013, pourrait être en partie reliée à des achats officiels massifs. » (2) L’investissement en or a sûrement bénéficié du choix limité d’options alternatives d’épargne en Chine. La plupart des investisseurs chinois veulent de l’or sous forme physique et en leur possession directe, à cause d’un manque de confiance dans les tierces parties. Le World Gold Council écrit : « En Chine, il existe, dans une certaine mesure, une sorte de mémoire populaire de l’hyperinflation passée, comme les Allemands, qui continue d’influencer les attitudes et les comportements actuels. » (2) Donc, les consommateurs Chinois achètent de l’or 24 carats pour se protéger de la dévaluation des monnaies.

Dans le graphique #5, nous voyons que la Chine et l’Inde représentent ensemble 54% de la demande mondiale d’or, avec 31% pour la Chine et 23% pour l’Inde. Les États-Unis et l’Europe ne représentent que 12% de la demande mondiale, avec 8% pour l’Europe et 4% pour les États-Unis, la moitié seulement de la demande de l’Europe. La Chine et l’Inde consomment ensemble plus d’or qu’il s’en extrait dans le monde entier.

 

Graphique #4: Or – Demande des consommateurs – Total (Joaillerie, lingots et pièces)

Ce qui est intéressant dans le graphique de la consommation d’or par habitant (graphique #6) est l’absence des États-Unis des 20 premiers pays consommateurs et la consommation de Hong Kong et de la Chine. Cependant, souvenez-vous que les acheteurs de la Chine continentale achètent beaucoup de leur or à Hong Kong, ce qui peut fausser le ratio Chine vs Honk Kong.

 

Graphique #5: Consommation d’or par habitant

 

La joaillerie d’or pur constitue un produit unique qui remplit les attentes esthétiques et d’investissement. La concurrence pour les bijoux 24 carats en platine et argent est très limitée et cela va surement perdurer. Dans le graphique #7, nous pouvons voir que 85% de la demande de bijoux en or l’est pour de l’or pur de 24 carats, ce qui indique que ces achats sont surtout effectués dans une logique d’investissement.

 

Graphique #6: Demande de joaillerie d’or en Chine par catégories de produits en 2013

 

En regardant le graphique #8 vous êtes surement impressionné par la forme parabolique de l’or potentiellement accumulé en Chine, et la quantité accumulée depuis 2011. L’accumulation s’est accélérée peu après la fin de la crise financière de 2008.

 

Graphique #7: Production chinoise d’or plus importations nettes

 

Toujours est-il que le graphique le plus important est celui des réserves officielles d’or de la Chine. Mais c’est aussi le plus déformé. La dernière fois que la Chine a fait part de ses réserves d’or était en avril 2009, quand elle annonça qu’elle avait presque doublé ses réserves. Certains spéculent que la Chine aurait plus que triplé ses réserves d’or entre 2009 et 2014, ce qui représenterait 4,000 tonnes, mais nous n’avons pas de confirmation officielle, et aucune information n’a filtré. Une école de pensée chinoise affirme que la politique des États-Unis est une tentative délibérée pour placer le fardeau du développement économique sur les épaules des autres pays et conserver l’hégémonie stratégique. Il y a aussi énormément de spéculations sur la politique pro-or des autorités, à savoir qu’elle irait plus loin que d’encourager le développement du marché local et incluerait l’acquisition d’or par l’État lui-même.

Dans les trois graphiques suivants, j’ai sélectionné six des pays les plus développés et cinq des plus grands marchés émergents pour comparer leurs réserves d’or à celles de la Chine. J’ai aussi choisi la Suisse, comme économie développée, et le Liban, comme économie émergente, à cause de leurs grandes réserves d’or. J’ai aussi ajouté un scénario hypothétique (en rouge) pour la Chine. La Chine n’a pas publié le chiffre de ses réserves d’or depuis qu’elle a annoncé avoir doublé ses réserves en 2009. Mon scénario hypothétique suppose que la Chine détient dorénavant 4,000 tonnes de réserves, ce qui est raisonnable, en se basant sur l’accumulation totale d’or en Chine qui est potentiellement de 8,532 tonnes (graphique #7).

À partir de 2009, en se basant sur le tonnage (graphique #8), la Chine n’a que 1,054.1 tonnes, alors que les États-Unis possèdent 8,133.5 tonnes, et la zone euro 10,799.3 tonnes. En supposant que la Chine détienne 4,000 tonnes d’or, cela représenterait la moitié des réserves déclarées des États-Unis, et près du tiers de celles de la zone euro. En tant que pourcentage de réserves étrangères, même à 4,000 tonnes, la Chine en possède bien moins que les États-Unis et l’Europe, et seulement la moitié de ce possèdent les Russes. Cependant, avec un pourcentage du PIB (graphique #10) de 1,81%, cela se rapprocherait du 2,3% de la Russie et du 2,1% des États-Unis. Selon les données de 2009, il se situe à 0,48%. Jim Rickards, dans son livre The Death of Money, écrit : « Le ratio or/PIB révèle vraiment combien de monnaie est disponible pour supporter l’économie et constitue un présage de la puissance relative d’une nation si un standard or devait revenir. » (10)

 

Graphique #8: Réserves officielles d’or en tonnes

Graphique #9: L’or en pourcentage des réserves étrangères totales

Graphique #10: Réserves officielles d’or en pourcentage du PIB

 

La majeure partie de l’or offert sur le marché continue d’être acheminé depuis l’Ouest, en passant par les raffineries suisses, où il est transformé en lingots d’un kilogramme d’une pureté de 0,9999, vers l’Extrême-Orient. La Suisse est le plus important producteur des lingots d’or d’un kilogramme d’une pureté de 0,9999, la préférence des investisseurs asiatiques, plutôt que le standard de gros, soit 0,995. Dans le graphique #16, nous pouvons voir que la majeure partie de l’or exporté des États-Unis l’est vers Hong Kong et la Suisse.

 

Exportations d’or des États-Unis en janvier et février 2014

 

Cependant, comme on peut le voir dans les graphiques suivants (#12 et #13), une grande part de l’or importé en Suisse et refondu selon les standards asiatiques est ré-exporté, surtout en Chine et en Inde. Observez, dans le graphique #13, la multiplication par 7,5 des exportations de la Suisse vers Hong Kong entre 2012 et 2013.

Graphique #12: Commerce d’or de la Suisse – Importations vs exportations

Graphique #13: Commerce d’or entre la Suisse et Hong Kong

 

Dans le graphique #14, nous voyons les cinq plus gros exportateurs d’or vers la Suisse et les cinq plus gros importateurs d’or de la Suisse. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont les deux plus gros exportateurs, et la Chine et l’Inde sont les deux plus gros importateurs. Les touristes de la Chine continentale représentent une grande part des ventes de joaillerie de Hong Kong, mais c’est surtout pour l’or de 24 carats. C’est pourquoi, dans ce graphique, j’ai combiné la Chine et Hong Kong ensemble.

 

Graphique #14: Importations vs exportations en Suisse – les cinq plus gros fournisseurs et acheteurs

 

Graphique #15: Offre et demande intérieure en Chine

 

Dans sa newsletter mensuelle, Eric Sprott écrit que : « Selon certaines estimations, la Chine a consommé plus de 4,800 tonnes d’or en 2013, ce qui implique qu’environ 3,600 tonnes ont été retirées des stocks mondiaux (i.e. les coffres occidentaux) pour satisfaire la demande. » (13)

Le World Gold Council écrit, dans son rapport sur l’or et la Chine, que : «  De manière plus générale, les Chinois considèrent traditionnellement l’or comme une forme de monnaie. En effet, le caractère mandarin 金 (jin) pour l’or est aussi un synonyme de monnaie. C’est un élément important quand il s’agit de trouver les motivations derrière l’achat de bijoux… La demande en Chine pour les produits de 24 carats est, en grande partie, portée par des considérations financières et par la connaissance que, en situation extrême, les bijoux en or pur peuvent facilement s’échanger contre de l’argent liquide. » (2)

 

Pièce d’or chinoise Ying Yuan datant de 500 ou 600 av. J.C. – Pièce d’or chinoise Panda 2014

 

La pièce d’or Ying Yuan était une des pièces émises par la Monnaie de la province chinoise de Chu. Les plus anciennes pièces connues datent de 500 à 600 ans av. J.C. Elles sont constituées de feuilles d’or d’une épaisseur de 3-5 mm de formes variées, comportant des inscriptions composées de sceaux carrés ou ronds avec un ou deux caractères. Nous pouvons en conclure que, malgré l’apparition tardive des boutiques d’or en Chine, l’or a commencé à circuler en tant que monnaie dans plusieurs parties du pays il y a 2,500 ans déjà, presque en même temps que la première pièce d’or émise par la Lydie (qui fait maintenant partie de la Turquie) en Europe. ‘Ying’ était le nom de la capitale de la province de Chu, tandis que ‘Yuan’ était l’unité de poids de la monnaie. ‘Ying Yuan’, aussi appelé ‘Or Yuan’, était coulé dans une plaque et estampillé d’un petit sceau carré.

Ces quatre dernières années, nous avons vu les dirigeants gouvernementaux des quatre plus grands pays du monde changer d’attitude vis à vis de l’or. Les officiels, en Chine, parlent constamment de l’or en tant que monnaie et le considèrent en tant qu’actif sur lequel adosser leur devise, d’une manière ou d’une autre. Dans un article écrit par Sun Zhaoxue, président de la China National Gold Corp. et de la China Gold Association, il écrit : « La demande individuelle d’investissement est une composante importante du système chinois de réserves d’or; nous devons encourager les individus à investir dans l’or. La pratique démontre que la possession d’or par les citoyens constitue un supplément efficace aux réserves nationales et est très importante pour la sécurité nationale. » (9) Il écrit aussi : « Augmenter les réserves d’or devrait constituer un pilier central de la stratégie de développement de notre pays. L’expérience internationale montre qu’un pays doit détenir 10% de réserves étrangères en or afin d’assurer la stabilité financière, tout en réalisant une forte croissance économique en même temps. » (9) Ils ont aussi encouragé ouvertement leurs citoyens à acquérir de l’or. De l’autre côté, les officiels Indiens ont restreint l’importation d’or pour protéger leur devise, mais, sans le soutient de leurs citoyens, qui ont continué à acheter de l’or grâce à l’émergence d’un marché noir.

En Europe, nous avons eu droit récemment à des commentaires très positifs sur la valeur de l’or comme réserve de la part d’officiels de la Banque centrale européenne (BCE). Cela contraste avec les États-Unis. Mario Draghi, président de la BCE, a récemment déclaré sans hésitation : « Pour les banques centrales, l’or est une réserve de sécurité, et c’est comme cela que le voit le pays. Dans le cas des pays qui n’utilisent pas le dollar, l’or protège la valeur de leurs devises contre les fluctuations du dollar. » (6)

 

 

La Russie, de l’autre côté, a une approche différente. Même si elle accumule de l’or rapidement pour ses réserves officielles et parle fréquemment de son rôle dans le système monétaire international, elle n’encourage pas ses citoyens à en acheter comme le fait la Chine. Evgeny Fedorov, un avocat pour le parti Russie Unie de Poutine, a déclaré à la Chambre basse du Parlement : « Le plus d’or un pays possède, le plus de souveraineté il aura s’il arrive un cataclysme avec le dollar, l’euro, la livre ou toute autre devise de réserve. » (8) À l’autre extrémité, vous avez les États-Unis qui, à chaque occasion, minimisent le rôle de l’or. Au Congrès, quand le représentant Ron Paul demanda à Ben Bernanke si l’or était de la monnaie, ce dernier, manifestement embarrassé, lui répondit : « Non. C’est un métal précieux… C’est un actif. » (7)

Selon Kenneth W. Hoffman, analyste de métaux et des minières chez Bloomberg Industries : « En se basant sur des conversations avec des officiels en Chine et en Mongolie, il parait évident que la Chine désire posséder autant d’or que les États-Unis. » (11) Les États-Unis ont 8,133.5 tonnes. Combien les Chinois en ont-ils déjà? Personne ne le sait, mais 4,000 tonnes, c’est certainement possible. Le président Vladimir Poutine a aussi dit à des journalistes étrangers au Forum économique international de St-Petersboug de 2014 que : « Pour nous (la Russie et la Chine), il est important d’assurer la sécurité de nos réserves d’or et autres devises. Et, ensemble, nous devons décider comment y parvenir, en ayant conscience de la situation difficile de l’économie mondiale. » (12) Cette déclaration me laisse imaginer que des discussions entre la Chine et la Russie au sujet des réserves d’or ont bien lieu.

La Chine comprend bien le vieil adage qui dit : « Celui qui possède l’or fait la loi. » Dans son livre, The Big Reset, Willem Middelkoop écrit : « Ils (les Chinois) savent, même en se basant seulement sur leur propre histoire, que l’or a été utilisé encore et encore pour reconstruire la confiance à la fin de la « vie utile » d’un système monétaire fiduciaire. » Zhang Jianhua, de la Banque Populaire de Chine, a dit, en entrevue : « Il n’y a pas d’actif sûr de nos jours. Le seul choix pour s’assurer contre les risques est de détenir de la monnaie solide : de l’or. » (9) Sun Zhaoxue a aussi dit dans un article : « Actuellement, il y a de plus en plus de gens qui reconnaissent que l’histoire ‘l’or ne sert à rien’ est tissée de mensonges. L’or souffre maintenant d’un écran de fumée fabriqué par les États-Unis, eux qui entreposent 74% des réserves mondiales officielles d’or, pour nuire aux autres devises et maintenir l’hégémonie du dollar US. » (9)

Je crois que, lorsque la Chine annoncera la mise à jour de ses réserves d’or, quel que soit le montant, cela constituera un événement majeur pour le marché de l’or, mais aussi un événement géo-politique important. Je m’attends à ce que, juste après, plusieurs pays, comme la Russie, l’Arabie Saoudite et d’autres, fassent le même type d’annonce. En 2009, l’Arabie Saoudite a fait une annonce peu après la Chine. Quand cela se passera-t-il? C’est la grande question. La Chine choisira le moment opportun afin d’avoir le plus grand impact possible pour leurs aspirations géo-politiques.

 

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