On peut tempêter sans fin contre le Cartel de l’Or, mais depuis maintenant un certain temps, je me demande si ce dernier n’est pas qu’un pion dans toute cette histoire.

Ma conjecture (et je ne suis sûrement pas le premier à l’exposer, bien que je n’en ai pas vu trace avant) est que l’Orient (l’Asie et l’OPEP) dicte les règles du jeu à l’Occident (les États-Unis et l’Europe). Voilà pour l’essentiel, qui va bien au-delà de l’opinion selon laquelle l’Orient achète intelligemment l’or que l’Occident remet actuellement en circulation.

À la fin des années 1990, l’Orient s’est rendu compte qu’il accumulait des dollars, la monnaie de réserve du monde, mais que ces dollars n’étaient en réalité qu’une montagne de papier sans aucune valeur. L’Orient prit conscience de l’aléa moral auquel les États-Unis succombaient continuellement. Les presses à billets de la Fed tournaient à plein régime pour financer des programmes sociaux et des guerres incessantes ; même chose en Europe, avec cependant moins de guerres et plus de programmes sociaux.

 

De plus, le déficit commercial des Etats-Unis augmentait sans retenue : les biens à valeur tangible entraient, le papier sortait. Sous l’étalon or, un déficit commercial n’a rien de grave. On peut aussi bien se focaliser sur le déficit commercial du Texas que sur la famille Murphy. Si quelqu’un a un déficit commercial, celui-ci se corrige de lui-même grâce aux paiements sortants qui se font en or, restreignant la consommation dans un délai relativement court. Mais comment freine-t-on cette consommation si l’on utilise une monnaie fiduciaire ? Le déficit commercial peut ainsi perdurer tant que ceux qui vendent des biens à valeur tangible sont assez idiots pour accepter du papier en retour.

 

Il n’a pas fallu longtemps à l’Orient pour comprendre tout ça. Alors ils ont dit à l’Occident : « vous contrôlez les monnaies de réserve les plus importantes : le dollar, l’euro et la livre. Il y aurait d’énormes perturbations économiques si nous décidions de les abandonner. Mais nous savons que sur le long terme, elles ne conserveront de toute façon pas grand-chose de leur valeur. Nous devrons tous finir par revenir à une forme d’étalon or, lequel a prouvé être la seule manière de faire respecter une discipline fiscale et monétaire.

 

Néanmoins, vous, les occidentaux, possédez plus d’or que nous. Ce déséquilibre doit être corrigé si nous voulons rétablir un étalon or sur des bases égales.

 

Alors voici le plan :

 

« vous vous déferez d’assez d’or pour que le jeu soit égal entre vous et nous. Vos banques centrales peuvent le vendre sans condition, ou le mettre en leasing, sachant qu’elles ne le reverront jamais. Comme vous êtes des maîtres de la finance et de la comptabilité créatives, nous vous laisserons donc vous occuper des détails. En retour de votre consentement à créer des stocks d’or équitables, nous ferons en sorte que la transition se fasse en douceur. Nous construirons nos stocks à un rythme modéré et ne déclarerons même pas la plupart de nos acquisitions. Par conséquent, le prix de l’or augmentera également à un rythme modéré, ce qui détournera l’attention de la plupart des moutons. En ce qui concerne la minorité d’entre eux qui remarqueront ce qui se passe, l’on peut tromper un grand nombre en leur faisant acheter de l’or-papier. Ainsi, nous devrions pouvoir obtenir la majeure partie de l’or physique disponible. Bien sûr, ce sera un processus long, qui prendra probablement une dizaine d’année, étant donné que nous comptons en acquérir environ 20 tonnes.

 

Si vous n’adhérez pas à notre plan, nous utiliserons votre papier pour entrer agressivement dans le marché de l’or physique. Cela créera un bouleversement dont personne ne veut, mais nous sommes bien mieux équipés que vous pour le supporter. En échange de votre or, nous avons de vrais biens à vous offrir, tandis que vous proposez surtout des services.

 

La transition peut se faire en douceur ou en force. C’est à vous de décider. »

 

Et les banques centrales occidentales ont cédé.

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