C’est pas un De Gaule mais c’est un grand Charles quand même…

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« Édition spéciale : point sur les cours de l’or, une nouvelle étape et le retour de la hausse ! »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

J’ai répété à l’envie lors de cette difficile année 2013 pour les cours de notre métal préféré que nous ne vivions pas l’explosion d’une bulle sur l’or mais que nous étions en 1976 ! Vendredi l’or a clôturé à 1317.70 dollars l’once… (il devrait y avoir une attaque baissière dans les tous prochains jours à moins que…) et c’est une bonne nouvelle.

Retour vers le passé, 1976 = 2013 !

Voilà ce que j’écrivais en avril 2013, il y a presque plus d’un an : « Les plus anciens sur le marché de l’or se souviennent des années 70 et 80. C’est lors de cette décennie que les cours de l’or sont passés d’environ 35 $ l’once (à l’époque où le dollar était encore convertible en or) à 850 $ l’once lors de son plus haut en 1980. Après a suivi une période de plus de 20 ans avec un métal jaune passé aux oubliettes de la modernité monétaire. Il faudra attendre les attentats du 11 septembre pour voir l’or recommencer à briller. »

Cette fois-ci c’est différent !

Non je plaisante, ceux qui me lisent savent à quel point je déteste cet argument stupide du « cette fois-ci c’est différent » destiné à faire avaler n’importe quoi et n’importe quel excès à des marchés en pleine « exubérance irrationnelle ». Non mes amis, cette fois-ci ce n’est pas différent.

Cette fois-ci c’est exactement pareil !

Ou presque… Encore une fois, les plus anciens se souviendront, en ce qui me concerne j’étais trop jeune, mais après tout c’est à cela que servent les livres (un truc en papier que l’on utilisait dans l’ancien temps avant l’apparition du Web 2.0 et de tous les appareils commençant par i-quelque chose).

Nous vivons donc en direct une situation qui ressemble à s’y méprendre à celle du milieu des années 70.
L’or va passer de 35 $ en 1971 à 195 $ en 1974. Son cours va alors se stabiliser peu ou prou légèrement en dessous de ses plus hauts avant de connaître une chute vertigineuse dès septembre 1975… pour redescendre jusqu’à 104 $ fin août 1976. Sur cette période, l’once d’or va perdre presque 45 % de sa valeur.

Fin de l’histoire, explosion de la bulle de l’or ? Non, pas du tout, c’est au contraire le commencement de tout puisqu’en janvier 1980 l’once d’or atteindra le record historique de 850 $ l’once, la valeur de celle-ci étant multipliée par 8 par rapport à ses plus bas de 1976.

Cette fois-ci en 2013, les choses ne seront sans doute pas très différentes de ce qu’elles ont été en 1976.

Pour ceux qui le souhaitent, vous pouvez relire entièrement cet édito, vous trouverez le lien en annexe et avec un an de recul, je ne retire rien à l’analyse effectuée à l’époque alors que les cours de l’or dévissaient dangereusement et que cela inquiétait plus que fortement ceux que l’on appelle les mains faibles !

Une analyse graphique très favorable pour l’or

Cela faisait très longtemps, presque une année, que la configuration graphique sur l’or n’était pas enfin devenue favorable ! Alors ne boudons pas notre plaisir.

L’or a franchi à la hausse la barrière des 1 300 dollars l’once, ce qui a permis de « casser » à la hausse la moyenne mobile à 50 jours (passée déjà depuis un certain temps) et depuis la semaine dernière, nous avons franchi la moyenne mobile à 200 jours. Il s’agit-là de puissants signaux haussiers graphiques.

L’analyse graphique n’est pas une « science » exacte, loin de là ! Néanmoins, comme tous les intervenants ou presque font les mêmes analyses à partir des mêmes graphiques en même temps, cela explique pourquoi certains mouvements semblent parfaitement prévisibles, amplifiés ou créés par des analyses autoréalisatrices.

Une limite à la baisse par les coûts d’extraction physique

Que n’avons-nous pas entendu tout au long de l’année 2013, et ce n’est d’ailleurs pas fini puisque les détracteurs de l’or physique sont toujours à l’attaque, du moins verbalement. Encore une fois, non, l’or n’est pas dans une bulle spéculative (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de spéculation sur l’or, ni de manipulation à la hausse comme à la baisse, mais jusqu’à présent surtout à la baisse !)

Il y a trois grandes sources d’approvisionnement du marché de l’or. L’extraction minière, la récupération et le recyclage et enfin les ventes massives et importantes des banques centrales (ces 30 dernières années). Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, les banques centrales du monde entier sont devenues en moyenne acheteuses nettes d’or… et pour celles qui avaient l’habitude de revendre, ces ventes ont cessé. Bref, l’une des sources importantes d’alimentation du marché de l’or physique s’est tarie avec la crise.

Pour la récupération et le recyclage, les choses ont été poussées à leur maximum. Publicité massive, boutiques de rachat d’or et de débris y compris dentaires poussant comme des champignons, jusqu’aux réseaux de commerciaux qui tournent dans les cafés et brasseries de la France profonde en installant deux tréteaux pour rafler tout ce qu’ils peuvent !! N’imaginez pas qu’il s’agisse là uniquement d’un phénomène français !! Non, vous avez la même chose partout en Europe ou aux USA. Au Portugal ? Rachat d’or. En Espagne ? Rachat d’or ! Partout, dans chaque pays, d’immenses filières menées dans l’opacité la plus totale à partir de l’Île de Man, paradis fiscal anglo-saxon permettant l’anonymat à travers l’utilisation des « Trustee » (terme anglais signifiant « prête nom »), agissent pour récupérer et refondre en lingot tout neuf ces milliers de petits grammes d’or collectés à travers le monde occidental.

Malgré la baisse de l’or en 2013, ces entreprises, bien que connaissant de très nombreuses difficultés financières et malgré un coût logistique de collecte monstrueux, ont poursuivi leurs activités avec une constance assez surprenante pour ne pas dire suspecte. Où va cet or ? Mystère, bien que nous ayons quelques petites idées, mais c’est un autre sujet.

Il ne nous reste donc fondamentalement que l’extraction d’or pour approvisionner réellement le marché et surtout le « sécuriser ». Or la Chine qui est devenue en 2013 le premier extracteur mondial devant l’Afrique du Sud… ne vend pas son or sur le marché international mais le conserve en totalité, sans doute parce que l’or ne sert à rien, que l’or est dans une bulle et que les chinois qui sont des imbéciles souhaitent se faire ruiner…

Ensuite, pour ce qui reste pour alimenter le marché mondial, il existe ce que l’on appelle des coûts d’extraction, ce qui est assez logique. Déplacer et traiter 10 tonnes de terre pour récupérer un gramme d’or… cela prend du temps, des hommes, de l’argent et de l’énergie. En moyenne, il a été calculé que le coût moyen d’extraction actuel est d’environ 1 150 dollars l’once d’or… Cela nous donne donc une excellente approximation du point bas au-delà duquel toute descente de l’or entraînerait des fermetures massives de mines et donc une raréfaction rapide de l’offre disponible.

Il est d’ailleurs à noter qu’au plus bas, l’or est descendu à 1 180 dollars l’once dans un plus bas de séance ce qui montre bien la pertinence de cette résistance théorique par rapport au prix d’extraction d’une once d’or physique.

Les vendeurs de 2013 n’ont plus rien à vendre en 2014 !

En 2013, au-delà de toutes manipulations sur le marché de l’or physique, nous avons connu des dégagements massifs notamment au sein de certains grands ETF (fonds achetant de l’or) puisque profitant de la certitude du QE 3 et d’injections massives de monnaies par la FED, beaucoup de très gros investisseurs ont préféré parier (à juste titre) sur une augmentation forte des marchés financiers et sur une baisse du marché de l’or physique. Résultat ? Ils ont revendu en masse leur or provoquant une sacrée baisse des cours et sont allés profiter d’une hausse comprise entre 20 et 30 % des Bourses mondiales en 2013.

Or ces positions ont été clôturées. Cela signifie en partie (car on peut toujours vendre à découvert mais c’est très risqué) que les détenteurs d’or de 2013 ayant tout revendu en 2013… n’ont plus d’or à vendre en 2014 ! Cela laisse donc nettement plus de chances et de place à une hausse des cours… qu’à une baisse de ces mêmes cours. C’est évidemment un facteur de soutien essentiel pour l’or en 2014.

Des stocks d’or physique au plus bas pour le COMEX !

Je vous passerai les détails, pour le moment mal connus mais nous finirons là aussi par en savoir plus avec le temps, de l’épidémie de suicide de banquiers sévissant actuellement outre-Atlantique et outre-Manche et dont le dernier en date a été retrouvé suicidé chez lui d’une dizaine de coups de cloueuse pneumatique ! Comme disait Coluche, « il devait s’en vouloir beaucoup » !

Je ne peux tout de même m’empêcher de mettre cela en lien (aucune preuve matérielle hormis l’utilisation d’un sentiment pifométrique titillant) avec les derniers éléments de stocks d’or physique du Comex qui sont absolument désastreux. Le Comex, qui est le marché de l’or, est censé vous livrer votre or physiquement si vous en faites la demande… Or les stocks sont au plus bas et les vilains acheteurs demandent systématiquement depuis plusieurs mois à se faire livrer l’or pour en prendre possession…

Le marché de l’or risque donc à tout moment ce que l’on appelle un « corner », c’est-à-dire le défaut de livraison. Dans ce cas, il faut indemniser les clients… en dollars sonnants et trébuchants. Du coup, les cours peuvent exploser à la hausse via une sorte de prime monétaire pour ne pas avoir à livrer, ce qui peut entraîner des pertes très importantes pour les bullion banks (celles qui gèrent le marché de l’or)…

Or vous devez vous souvenir que la Deutsche Bank, qui ne brille pas par sa grande solidité, a décidé de se retirer (sans y arriver pour le moment) du piège du marché de l’or physique (où nous retrouvons également la Société Générale et ses bénéfices plantureux de cette année qui pourraient fort fondre comme neige au soleil en cas de problème).

Enfin, l’Allemagne – qui a demandé à ce que tout le monde lui rende son or afin que ses réserves soient en territoire allemand… – a le plus grand mal à se faire livrer et n’a réussi à récupérer que 37 toutes petites tonnes d’or, ce qui inquiète fortement tous les observateurs sans oublier non plus que les lingots rendus ne correspondent à aucun des lingots que l’Allemagne avait confié en garde aussi bien dans les coffres de la Banque de France que de Fort Knox aux États-Unis.

Nous avons donc l’enchaînement suivant : impossibilité pour l’Allemagne de retrouver son or, stock d’or du Comex au plus bas, une bullion bank qui fait tout ce qu’elle peut pour ne plus l’être, et épidémie mondiale de suicide chez les banquiers… Une analyse pifométrique vous conduit à penser qu’il vaut mieux, dans un cas comme celui-là, être détenteur d’or plutôt que vendeur d’or… mais vous faites évidemment ce que vous voulez !!

La demande indienne pourrait revenir en 2014 !

Les dirigeants actuels en Inde ont décidé en 2013, sous l’amicale pression de leurs grands amis les Zaméricains, d’imposer des restrictions drastiques à leurs citoyens pour l’achat d’or. L’Inde est ni plus ni moins, ou plutôt était, le premier consommateur mondial d’or.

Miné par une forte inflation, par une baisse de leur monnaie la roupie, le gouvernement indien a préféré restreindre les achats d’or afin de stabiliser la balance commerciale et la balance des changes… sans véritablement de succès, soit dit en passant.

Or de nouvelles élections auront lieu au premier trimestre 2014 et l’opposition actuelle, qui est donnée largement en tête, a indiqué de façon très explicite qu’en cas de retour aux affaires elle lèverait les restrictions imposées au marché de l’or en Inde, ce qui pourrait avoir un effet extrêmement haussier d’ici 3 à 4 mois sur le métal jaune.

Il est évident qu’une immense bataille se joue autour de l’or et que les USA risquent de mettre une forte pression sur le futur gouvernement indien pour qu’il revienne sur cette promesse électorale, mais il n’est pas certain qu’il n’y ait pas au moins quelques gestes de libéralisation du marché, là aussi ce serait très haussier pour l’or.

Il faut donc surveiller avec attention l’évolution de la politique indienne (ce que je tente de faire pour vous aider à anticiper les mouvements).

Si la digue indienne cède, alors les achats d’or des Indiens reprendraient instantanément et massivement et viendraient déstabiliser le marché de l’or… à la hausse ! Ce qui est une excellente nouvelle potentielle pour nous autres, amateurs et détenteurs d’or.

Il faut juste avoir en tête que les Indiens n’étant plus sur le marché… ils ne risquent pas d’en disparaître et de peser sur les cours à la baisse. Ils n’ont plus que la possibilité de ne pas y revenir, ce qui ne changerait rien puisque l’absence indienne est déjà prise en compte, en revanche leur retour possible n’est pas du tout, mais alors pas du tout intégré dans les cours de l’or aux niveaux actuels !

La crise bancaire est finie… plus besoin d’or ? Vous en êtes si sûrs ?

L’une des grandes explications avancées tout au long de notre année noire de 2013, où nous avons dû faire preuve de convictions, de courage et de constance pour tenir nos positions, était que la crise bancaire était derrière nous, comme la crise économique d’ailleurs, que tout allait mieux que bien et qu’enfin un avenir radieux s’ouvrait devant nos yeux… Il n’y avait donc plus de crainte d’effondrement donc plus aucune nécessité de détenir de l’or…

Sauf que pour Madame Nouy, la nouvelle patronne de l’autorité bancaire européenne, la vision est toute autre. En effet, elle n’a ni plus ni moins annoncé que toutes les banques européennes n’allaient pas pouvoir survivre et qu’il n’y aurait ni rachat ni fusion mais bien liquidation préventive avant faillite de tous les établissements jugés trop fragiles… Ambiance qui en dit long sur la solidité du système financier et « l’éloignement des craintes d’effondrement » !

Je vous cite ses paroles exactes car vous vous devez de les connaître (navré de cette injonction quelque peu autoritaire mais je suis sûr que vous me la pardonnerez après avoir lu ce qu’elle disait) : « Nous devons accepter le fait que certaines banques n’ont pas d’avenir. Nous devons en laisser quelques-unes disparaître de manière ordonnée, et pas forcément essayer de les fusionner avec d’autres institutions. » Pas mal non ? Alors après ça, la bonne question à se poser c’est… et ma banque doit-elle disparaître ou pas et avec mon pognon ?? En cas de doute, achetez un peu d’or, et n’imaginez pas que le « too big to fail » va fonctionner encore longtemps… Elle vient de vous dire qu’il y aura des défauts préventifs. Elle n’a en aucun cas parlé de la taille des banques concernées… cela va saigner.

Qui peut faire bouger les cours de l’or ?

Soyons clairs, ce n’est pas le particulier français ni même américain ou européen qui influe réellement sur les prix de l’or coté à Londres !

Non, ce qui impacte directement le cours, ce sont les achats ou les ventes massives d’or opérées par des grands fonds d’investissements ou par de grands pays comme la Chine.

Comme je vous le disais un peu plus haut, les fonds ont vendu leur position en 2013, ils n’ont donc plus rien à vendre.

La Chine, elle, reste acheteuse d’or structurellement surtout vers les 1 200 dollars l’once, et c’est la Chine qui a mis en échec les manipulations sur les cours de l’or par ses achats massifs tout au long de l’année 2013.

La Russie aime bien le métal jaune aussi, sans parler des pays d’Amérique du Sud.

Enfin, comme je vous l’ai montré, l’Inde pourrait revenir sur le marché international !

C’est donc ces paramètres-là concernant la demande qu’il faut suivre, et pas savoir si monsieur Dupond, Smith, ou Von bidule vont acheter deux ou trois piécettes en plus cette année.

Des fondamentaux économiques qui n’ont pas changé

Si les marchés financiers ont corrigé ces dernières semaines, ils sont repartis à la hausse. La raison est simple. Janet Yellen, celle qui remplace le barbu Ben Bernanke à la tête de la FED, a précisé qu’elle mènerait une politique qui restera fondamentalement très accommodante, qu’il ne fallait trop avoir peur des réductions de liquidités, etc., etc., et qu’elle agirait dans la continuité de son prédécesseur, ce qui a été pris par les marchés comme des déclarations indiquant qu’elle maintiendrait tous les robinets à dollars frais ouverts…

De deux choses l’une. Soit elle dit la vérité et alors c’est bon pour l’or car l’afflux de dollars est favorable à la montée du métal jaune. Soit c’est faux. Elle va poursuivre la réduction du QE, les marchés vont finir par s’effondrer, les taux d’intérêt par monter et ce sera également très bon pour l’or car cela provoquera l’insolvabilité généralisée aussi bien des banques, des ménages que des États à commencer par l’État US.

J’ai toujours dit que la FED avait procédé de la même manière que la BCE lors du changement de gouverneur. Souvenez-vous en 2011, lorsque Jean-Claude Trichet va laisser la place à Mario Draghi, il procède à plusieurs augmentations de taux d’intérêt. Il dit même que nous allons rentrer dans une période de taux plus élevés.

J’avais dit à ce moment-là que soit Jean-Claude Trichet était devenu fou, soit qu’il préparait juste le terrain pour son successeur et qu’il lui fabriquait des marges de manœuvre (je ne résiste pas à vous mettre cet article en lien tant ce que j’y décrivais s’est révélé exact et tant ce que nous vivons aux USA y ressemble bigrement).

D’ailleurs, vous avez sans doute remarqué que lorsque les marchés ont corrigé et vivaient les prémices d’un krach stoppé uniquement par les déclarations de la nouvelle gouverneuse (pour faire plaisir à la Belkassine) Janet Yellen, l’or ne baissait pas comme il l’a toujours fait. Non, il montait !

Il montait uniquement en raison du risque d’insolvabilité généralisée et c’est la première fois qu’il le fait car sans liquidités ultra abondantes, le système s’effondrera !

Nous n’avons pas de croissance sans endettement excessif. Le dernier exemple c’était le Royaume-Uni qui annonçait triomphalement une croissance de presque 4 % du PIB en oubliant de préciser qu’il avait fallu presque 8 % de déficit sur PIB supplémentaires pour faire cette croissance, ce qui signifie en réalité une récession d’environ 4 % sur l’année…

Nous n’avons pas des finances assainies mais bien des États beaucoup plus surendettés aujourd’hui qu’en 2007.

Nous n’avons pas de reprise réelle de l’emploi mais bien des taux de chômage historiquement jamais atteints et désormais au plus haut. Aux USA, le chômage baisse certes… mais la population active aussi !! Jamais le taux de non-emploi n’a été aussi élevé.

Nous n’avons pas réduit les risques du système financier et bancaire. Jamais le montant des produits dérivés n’a été aussi important (plus de 700 000 milliards soit 200 000 milliards de plus qu’en 2007 au début de la crise). Les banques affichent des bénéfices, certes, mais uniquement parce que des normes comptables ont été revues et corrigées pour le permettre, jamais les fonds propres n’ont été aussi faibles, les bilans restent trop importants et la moindre dépréciation d’actif peut mettre un établissement au tapis.

L’or est vraisemblablement parti pour briller à nouveau en 2014, tant mieux ! Mais en réalité, on s’en fiche !!!

Je n’ai pas arrêté de dire durant cette phase de correction en 2013 que ce n’était pas grave, que cela n’avait aucune importance et que l’on achetait de l’or comme l’on souscrit une assurance. On couvre son patrimoine, on couvre son capital, on protège ses économies, ses proches et ceux que l’on aime. Voilà le sens profond de l’achat d’or.

Acheter de l’or ce n’est pas spéculer sur l’or

Étant un garçon constant et de conviction, je suis très heureux que l’or monte et c’est nettement plus agréable que de le voir baisser. Mais en réalité, on s’en fiche. On s’en fiche qu’il monte ou qu’il baisse. On est toujours acheteur d’or. Parfois on l’achète au mieux, parfois pas, mais peu importe car l’important c’est d’augmenter son patrimoine en or pour se prémunir de l’ultime phase de la crise qui sera, un jour, inévitablement monétaire.

Cette crise dure depuis 2007, nous sommes en 2014 ! Cela fait 7 ans ! Et pourtant, il en est encore pour croire qu’une crise qui dure 7 ans c’est une crise habituelle, une crise « comme d’habitude ».

NON ! Cette crise est une crise de système et de modèle. Comme je l’ai déjà expliqué, c’est la fin du modèle « de la consommation de masse basée sur une production de masse, nécessitant une masse de travailleurs et reposant sur une énergie abondante et peu coûteuse » (voir sur le site du Contrarien le hors-série « Les vraies raisons de la crise »).

Ce changement de modèle va s’opérer sur une quinzaine d’années à l’issue desquelles quelques fortunes auront été faites et surtout beaucoup de fortunes seront perdues.

Alors l’or monte, c’est une bonne nouvelle mais cela ne doit pas être pour vous un paramètre de placement et de choix. Soit comme moi vous pensez que le système tel que nous le connaissons va s’effondrer et seul l’or pourra assurer votre patrimoine (avec ce que l’on appelle les actifs tangibles), soit vous êtes atteint de Moscovicite aiguë et vous pensez que tout va aller beaucoup mieux et dans ce cas, passez votre chemin car si tout va bien, alors il ne faut surtout pas d’or !!

Soyez toujours acheteur d’or, débancarisez, stockez ce dont vous avez besoin, préparez-vous un point de chute hors des grandes villes, les temps qui viennent seront très difficiles, tout le monde le sait (sauf peut-être notre président) et quoi qu’il se passe, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il pleuve, que les cours montent ou baissent, n’oubliez pas votre parachute doré, vous seul pouvez vous le constituer progressivement et en moyennant le prix de vos achats en procédant à des acquisitions régulières.

Cela dit, la période des soldes touche à sa fin !

Restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez bien !!

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes »

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site.

 

– Communiqué public GEAB N°82 (15 février 2014) –

 

GEAB N°82 est disponible ! 2014, reprise du cours « normal » de la crise systémique globale
L’avalanche de liquidités issue du quantitative easing de la Fed a permis en 2013 aux logiques du monde d’avant de se réveiller : endettement, bulles, mondialisation, financiarisation… Mais il a suffi d’un léger ralentissement dans les montants astronomiques injectés chaque mois par la banque centrale américaine pour que la crise rampante, enfouie sous ces monceaux de liquidités, reprenne ses droits. Comme anticipé, la méthode consistant à « résoudre » la crise en accentuant les excès qui l’ont causée est inopérante, provoquant au contraire une crise au carré. On peut y trouver tout de même un avantage réel : elle permet de gagner du temps que tout le monde utilise au mieux.

Tout au long de l’année 2014, nous allons à nouveau assister au déploiement « normal » de la crise systémique globale, phase de transition majeure entre deux systèmes d’organisation mondiale, une crise historique qui va bien au-delà d’une crise économico-financière, on commence à le voir clairement. C’est pourquoi aux côtés des graves dangers pesant sur les bourses, les banques, l’immobilier et plus généralement l’économie, l’ordre du jour comprend également l’amplification de la colère des peuples et du rejet des systèmes politiques en place, l’aggravation des tensions géopolitiques et le repli des blocs sur eux-mêmes.

La courroie de distribution de ce renouveau de la crise est mue en premier lieu par le taper (réduction du programme de QE de la Fed) qui a immédiatement entraîné les secousses que l’on sait sur les monnaies émergentes. Outre l’impact néfaste que cela a sur l’économie mondiale, notre équipe anticipe que ces chocs vont provoquer un effet boomerang sur les États-Unis et enclencher pour finir l’engrenage de la dévaluation massive du dollar, déstabilisant tout ce qu’il reste de l’ancien système dont il est le pilier.

Plan de l’article complet :
1. LE MAUVAIS CALCUL DU TAPER
2. FIN DES LOGIQUES DU PASSÉ
3. FAIRE SAUTER LA BANQUE ?
4. COLÈRE DES PEUPLES

Nous présentons dans ce communiqué public un extrait de la partie 1.

LE MAUVAIS CALCUL DU TAPER

Derrière la décision de la Fed d’arrêter progressivement son programme d’assouplissement quantitatif (1) se cachent plusieurs réalités. La première est évidemment son inefficacité envers l’économie réelle et surtout les risques de plus en plus grands qu’il fait courir en créant bulles et addictions diverses, et en distordant toute capacité d’appréhension de la réalité. La deuxième tient sans doute à la volonté de « montrer » que la situation s’améliore et que la Fed peut se désengager sans risque. La troisième est moins avouable : consciente de l’addiction créée en 2013 des pays émergents envers les liquidités de la Fed, son annonce ne pouvait manquer de faire trébucher ceux-ci. Ils font donc maintenant les gros titres de la presse économique, tandis que la situation américaine passe au second plan. Qui se rappelle en effet que le Porto Rico est en train d’exploser (2) (comme anticipé au GEAB n°77) ? Ou que Chicago ne se sort pas de ses dettes (3), ou que les foodstamps, pilier de l’aide sociale américaine, continuent d’être rabotés (4) alors que de plus en plus de ménages en dépendent ? Ou enfin que la pauvreté infantile atteint des niveaux difficilement imaginables pour un pays prétendu développé (5) ?
Valeur des obligations du Porto Rico à échéance 2017. Source : ZeroHedge.

Valeur des obligations du Porto Rico à échéance 2017. Source : ZeroHedge.


Pourtant – on nous excusera la reprise facile d’une publicité devenue célèbre – il y a un deuxième effet KissCool. Pour le voir, nous devons prendre de la hauteur et revenir aux fondamentaux quitte à simplifier une situation mondiale que personne actuellement ne comprend vraiment.

Le quantitative easing de la Fed a eu pour conséquence une surabondance de liquidités sur les marchés financiers qui sont allés investir cet argent là où de vraies dynamiques productives fournissent des opportunités d’investissements et de fructification : dans les pays émergents. Bien évidemment, cette inondation d’argent facile a soutenu artificiellement la croissance de ces pays, qui aurait dû être moins élevée en ces temps de crise. Pis, en 2013, cela a provoqué un regain de logiques du monde-d’avant, monde dans lequel l’argent n’est utilisé que pour emprunter plus d’argent, avec au programme re-financiarisation, ré-endettement, ré-addiction au dollar, ré-intrication de la planète, re-mondialisation effrénée ignorant les intérêts des populations (fournissant par exemple un ballon d’oxygène aux fastidieuses négociations des traités de libre-échange trans-pacifique TPP et transatlantique TTIP), etc.
Cette absorption de dollars par les seuls pays ayant une croissance suffisante pour pouvoir les utiliser explique en grande partie l’absence de dévaluation du dollar ou d’inflation aux États-Unis malgré la politique de la Fed : la dévaluation qui aurait dû aller de pair avec une telle création monétaire, a été absorbée par le dynamisme économique du reste de la planète.

Mais quelque chose a fait que la Fed ne pouvait plus continuer. Probablement le fait que pour avoir un quelconque impact sur l’économie américaine, les quantités d’argent créé auraient dû augmenter constamment, ce que de plus en plus de monde dans les cercles de la Réserve Fédérale elle-même renâclait à faire. Rester au même niveau de 85 milliards de dollars par mois, correspondait de fait déjà à un ralentissement. Dans ce cas, autant rétrograder et tenter de sortir du piège.

Depuis début janvier, la Fed a ainsi réduit de 10 milliards de dollars le rythme mensuel de ses achats, et à nouveau de 10 milliards début février, soit à présent des achats de 30 milliards de titres hypothécaires et 35 milliards de bons du trésor par mois. Or cette baisse du soutien signifie que le quart de « l’aide » indirecte aux pays émergents s’est envolée… Il est donc logique que l’activité économique de ces pays baisse, et par conséquent aussi leur monnaie (6).

Nombre de lires turques par dollar (USD/TRY), novembre 2012 – février 2014. Source : Yahoo Finance.

Nombre de lires turques par dollar (USD/TRY), novembre 2012 – février 2014. Source : Yahoo Finance.


C’est là que commence l’effet boomerang. Premièrement, les investissements occidentaux dans les économies émergentes valent d’autant moins que la monnaie se dévalue, donc une part des actifs des investisseurs a bel et bien disparu, provoquant une forte tension sur les marchés financiers. Mais, plus important, pour enrayer la baisse de leur monnaie, les banques centrales des pays émergents vendent leurs réserves de dollars pour racheter leur propre monnaie sur les marchés (7), résultant en un surplus de dollars et une hausse de la demande de monnaie locale, ce qui fait mécaniquement monter la monnaie locale (8). Par exemple, dans ce genre de période la Turquie, l’Inde, le Brésil, l’Indonésie entre autres, se délestent chacun de l’ordre de dizaines de milliards de dollars par mois (9).

Cela signifie que d’acheteurs de dollars, les émergents sont devenus vendeurs. En d’autres termes, les seuls pays capables d’absorber les dollars excédentaires les rejettent maintenant. Récapitulons : la Fed et le trésor continuent d’inonder la planète de 65 milliards de dollars par mois, mais plus personne n’en veut… Où peuvent-ils s’écouler dorénavant ? Dans les quelques pays producteurs de pétrole qui le vendent encore en dollar, mais surtout aux États-Unis bien sûr. Et que peut en faire l’économie atone de ce pays ? Pas grand-chose… certainement pas autant que ce qu’en faisaient les émergents (10).

[…]

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Notes :

1 Source : Reuters (29/01/2014).

2 Sources : Reuters (07/02/2014), CNBC (07/02/2014).

3 Source : « Chicago is on the road to Detroit », Chicago Tribune (05/02/2014).

4 Mesure adoptée en catimini derrière le succès affiché de la réforme des aides agricoles. Source : New York Times, 05/02/2014.

5 Source : Washington Informer, 08/02/2014.

6 Notre équipe estime que pour une fois le taux des monnaies émergentes n’est pas relatif aux mouvements du dollar mais à une réalité économique.

7 Monnaie qu’ils avaient dû vendre en masse, en 2013 notamment, pour faire face à la dévaluation de fait du dollar qui faisait monter les autres monnaies et risquait de ralentir les exportations.

8 Le dollar, lui, ne baisse pas immédiatement car la petite dévaluation qui devrait avoir lieu est d’une part diluée dans les quantités de dollars en circulation, et d’autre part compensée par le fait que le dollar est habituellement considéré comme monnaie-refuge face à des monnaies locales qui tanguent.

9 Sources : CentralBanking.com (« Central Bank of Turkey sells $2.5bn in one day », 23/01/2014), Vox (« Brazil’s central bank has intervened heavily, spending more than $50 billion and promising to double that by the end of the year », 25/09/2013), etc.

10 Un peu à tort et à travers, il faut avouer.

 

Samedi 15 Février 2014
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