Archive for novembre 2013

Egon Von Greyetz chez KINGWORLDNEWS , l’homme qui avait prédit le non tapering annonce maintenant 50% d’augmentation du QE (planche à billets) , La France est maintenant le prochain patient malade de l’Europe, l’or explosera !

Egon Von Greyetz chez KINGWORLDNEWS , l’homme qui avait prédit le non tapering annonce maintenant 50% d’augmentation du QE (planche à billets) , La France est maintenant le prochain patient malade de l’Europe, l’or explosera !.

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Et ca s’appelle Liberté

ayrault tape sur google

« Tireur fou, remise à plat et censure !… »

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !

Aujourd’hui, j’avais prévu de vous parler de nos amis les Chinois et de vous rendre compte des évolutions énormes décidées là-bas lors de leur dernier Comité central du Parti… C’est passionnant mais actualité française oblige, je vais être « obligé » de revenir sur certains événements récents.

Le premier concerne le tireur fou, le second l’enterrement en première classe de l’écotaxe jusqu’en 2015 sur fond de remise à plat de la fiscalité française (à croire que Jean-Marc Ayrault commence à lire le Contrarien), et enfin la dernière jurisprudence de l’AMF concernant les blogs et dont notre camarade Olivier Berruyer ne revient toujours pas… ce qui se comprend !

Un tireur fou, peut-être… mais avec une logique !

Évidemment, ce n’est pas mon rôle et encore moins celui du Contrarien Matin que de commenter les faits divers, mais cette histoire du tireur fou, qui a sévi hier à Paris et qui vraisemblablement recommencera jusqu’à ce qu’il soit arrêté, n’est pas anodine et concerne l’économie… ou plutôt la critique, au sens armé du terme, du système dans son ensemble.

J’écoutais hier soir le JT de France 2 (ça m’arrive encore quand il se passe des choses) et j’ai été estomaqué par les propos de la journaliste en direct des Champs et dont il faut saluer le courage puisqu’elle ne portait ni gilet pare-balles ni casque de l’armée avec écrit en gros dessus « PRESSE »…

Elle a dit en gros : « aucune revendication ni explication à ce geste », c’est juste un tireur fou.

Mais cette vision est aussi mensongère que fausse et il ne faut pas sortir de Polytechnique pour bien comprendre ce qu’il se passe.

Cet individu attaque le système !

La chronologie des faits est assez simple. Le tireur commence son action chez BFM TV où il ne tire pas mais actionne deux fois la pompe de son fusil (qui est donc à pompe) ce qui fait tomber deux cartouches. Il indique que « la prochaine fois, il ne les loupera pas ». C’est évidemment à la fois un avertissement et presque un compliment adressé à la chaîne BFM TV qui n’est pas, ces derniers temps, dans les petits papiers du gouvernement.

Puis il attaque le journal Libération qui est, comme chacun sait, l’organe de « propagande » quasi officiel du gouvernement (ce qui explique sans doute l’effondrement des ventes du journal qui diminuent au même rythme que la cote de popularité dudit gouvernement).
Et là, il ouvre le feu et tire pour tuer. L’attaque du journal Libération est très symbolique. Il aurait pu ne pas aller plus loin ou attaquer un autre média, d’ailleurs c’est chez Radio-France que la panique sera la plus grande, puisque les vigiles mettront même les gilets pare-balles pour le coup… C’est donc la presse « gouvernementale » qui est attaquée au sens premier du terme, ce qui est bien une forme de revendication.

Enfin, il attaque le siège de la Société Générale, grande banque française qui a défrayé la chronique avec l’affaire Kerviel et a nécessité l’intervention en catastrophe de l’État.

C’est donc le système politique et économique (ou ses représentations) qui est visé par cet individu et ses actes valent évidemment explication et revendication.

Comprenez-moi bien. En aucun cas ce genre d’actes ne peut être accepté, toléré ou admis. Ils doivent néanmoins être expliqués car cet homme n’est pas fou. En tout cas, pas forcément au sens psychiatrique du terme. Merah n’était pas fou, Brevik non plus, et cet inconnu non plus. Il s’agit d’individus qui poussent leur logique de contestation et de révolte au bout… et le bout, c’est la violence extrême. Il y a dans leurs actes une logique absolue et terriblement jusqu’au-boutiste. Il y a également des extrémismes qui se font échos d’un côté et de l’autre comme une symétrie et il ne nous manque plus qu’un « Mérah » d’extrême droite qui ira tuer dans une mosquée pour définitivement parachever ce tableau terrible de ce que devient notre société « angélique ».

Je n’ai de cesse, depuis plusieurs mois et en réalité depuis plusieurs années, de dénoncer et de mettre en garde aussi bien nos mamamouchis que nos concitoyens sur les risques bien réels de quasi-guerre civile dans notre pays. Ne vous y trompez pas, ce genre d’événement est précurseur des drames qui toucheront notre pays si nous ne faisons rien.

Et faire quelque chose, ce n’est pas de dire que l’on ne comprend pas ses revendications ou que c’est l’acte d’un fou !

Faire quelque chose, c’est traiter les problèmes de fond auxquels sont confrontés le peuple de ce pays dans toute leur complexité et dans leur réalité avant qu’ils ne débordent définitivement toute la société modérée. Mais encore une fois, nous ne le ferons pas et comme à chaque fois dans l’histoire, les modérés contemplent impuissants la montée inexorable d’une haine qui s’achève toujours par un déferlement de violence

Après avoir mis à plat l’économie, Ayrault veut remettre à plat la fiscalité !

Ce bon mot n’est pas de moi mais d’un député dont je n’ai pas eu le temps de voir le nom s’afficher sur mon écran… (je dis ça pour la police de la pensée car au train où vont les choses, je vais devoir sans doute prochainement émettre de l’étranger).

Bref Jean-Marc (béni soit son nom et sa fonction, c’est toujours pour la police de la pensée et de la bienséance mamamouchesque) a donc, dans sa sagesse infinie et grâce à ses capacités d’écoute extrasensorielle du petit peuple, ressenti notre besoin d’une remise à plat globale de la fiscalité. D’ailleurs mon cher Jean-Marc, je te conseille la lecture du budget du Contrarien (« 100 jours pour redresser la France »), c’est juste pour te donner des sources d’inspiration et une petite vision de ce que peut être une remise à plat.

Alors ce soir, mon cher Mamamouchi en second, je te laisse le bénéfice du doute (ben oui, aujourd’hui je fayote un peu, il faut que je paie les cadeaux au Père Noël qui, comme chacun sait, est une ordure puisqu’il n’y a que les gosses qui pensent que c’est gratos ! Ce n’est donc pas le moment pour moi de choper une amende).

Oui mes chers contrariens, Jean-Marc va refaire la fiscalité à lui tout seul et avec l’aide des syndicats, le tout en faisant des réunions avec les représentants de toutes les professions et de tous les lobbies…

Oui mes chers contrariens, grâce à cette remise à plat, je suis persuadé que ce gouvernement qui a entendu votre détresse va réduire les dépenses publiques, réduire votre pression fiscale et que grâce à lui, vous allez respirer, car oui mes chers contrariens, la gôche est belle, la gôche est juste, la gôche veut votre bien et celui de votre porte-monnaie (rigolez pas là, hein, je fayote, amende machin-toussa) et la drôate est vilaine, beurk caca.

Alors oui vas-y Jean-Marc Ô Mamamouchi Matignonesque, je te regarde agir avec ta prescience fiscale (en attendant de me marrer un bon coup dans quelques mois).

S’exprimer sur Internet devient dangereux

Je vous laisse lire cet excellent billet de notre camarade Olivier Berruyer sur son site les-crises.fr.

En effet, un camarade blogueur a été sévèrement condamné par l’AMF pour avoir osé critiquer les bilans bancaires.

J’ai un très grand respect des institutions en général et de l’AMF en particulier (béni soit son nom patati-patata me-taxe-pas), mais effectivement cette décision de l’Autorité des Marchés Financiers est malheureuse et, à mon sens, très contre-productive.

En l’occurrence, à l’égard des blogueurs, mieux vaut agir dans la concertation et la pédagogie en expliquant à chacun pourquoi ils ne peuvent pas écrire telle ou telle chose, en les obligeant à publier un communiqué ou ce genre de chose beaucoup plus démocratique et qui finalement permet à tous de progresser (dans l’adhésion au système ?) plutôt que de sanctionner,à coup d’amendes de plusieurs milliers d’euros, des papiers et des articles auxquels vous faites qui plus est beaucoup de publicité.

Alors que l’AMF sache que, au Contrarien Matin, la Rédaction (c’est-à-dire moi-même) pense que les banques sont belles, que les banques sont solides, que les banques même qu’elles sont super gentilles et ne nous veulent que du bien et qu’il faudrait être un fou pour penser l’inverse, d’ailleurs si vous pensez l’inverse vous êtes un tireur fou, regardez, il a tiré sur la Société Générale… Alors oui, couchez vous, rendormez-vous, les banques veillent sur vous avec amour.

(N’oubliez pas, il faut que j’achète les cadeaux de mes gosses alors je suis obligé d’être plus discret dans mes critiques, hein, faut bien manger hein…)

Circulez, il n’y a plus rien à voir.

Restez à l’écoute.

À demain… si vous le voulez-bien !!

Charles SANNAT

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitement http://www.lecontrarien.com.

Combien de temps avant l’hyperinflation ?

Combien de temps avant l’hyperinflation ?.

La Poste en Suisse : Payer avec de l’argent liquide, c’est bientôt fini!

via  :  La Poste en Suisse : Payer avec de l’argent liquide, c’est bientôt fini!.

BITCOIN : Quoi penser, quoi faire …. ? Et l’or ?

http://resistanceauthentique.wordpress.com

20 nov

 

Avec le bitcoin passant de 12$ à 900$ on a pas mal de questions de lecteurs , qui se demandent quoi faire ..

Pour nous et on l’a deja dit le BITCOIN est fondamentalement une arnaque : il n’est backé par rien c’est pire que du vent, et encore moins de l’argent ( une arnaque de la CIA on l’a dit depuis le début)

Le BITCOIN  est mis en avant pour concurrencer l’or http://www.france24.com/fr/20131119-bitcoin-audition-senat-americain-monnaie-transaction-decentralise-action , car il ne concurrence pas le dollar , étant émis en nombre limité ( 12 millions en circulation actuellement ) : On le présente comme une alternative monétaire, mais c’est bien l’or qui est visé ! Voilà un bon moyen de détourner les gens des métaux précieux 

Et quand les gens voient une telle volatilité : il sont happés (c’est fait pour !) par ce qui est fondamentalement un attrape gogo , une suite de chiffre ;

D’ailleurs tout les codes du BITCOIN sont ceux de l’or : la monnaie est créée par un algorythme, « un mineur », qui ne mine rien bien sur ..

On pousse donc, comme on l’a deja dit , les gens vers la bourse et le BITCOIN 

Or, le BITCOIN est passé de 12$ à 900 $  peut on dire qu’on a rien loupé ? 

Non bien sur …. la bulle sur le bitcoin est en train d’exploser, mais nous pensons que c’est un marché haussier sur le long terme qui pourrait aller à plusieurs milliers de dollars, si nous n’étions pas au bord d’un krash économique qui peut survenir n’importe quand ! 

Nous sommes dans un environnement d’effondrement économique majeur ….vos BITCOINS si vous en avez , peuvent aller à 00 en un rien de temps dans cette environnement…

Toute monnaie etant basée sur la confiance, celle ci peut s’effondrer n’importe quand : il ne vous restera que vos yeux pour pleurer.. 

Car le prix du BITCOIN  dépend de la demande , et comme le BITCOIN est basé sur la rareté et ne sera « produit » qu’à 21 millions d’exemplaires, il augmentera forcement :

Donc le BITCOIN est dans une bulle, mais c’est un marché potentiellement haussier, …dans un environnement macro économique plus qu’incertain !

Ce qui vient de faire exploser son prix c’est qu’il a été accepté par une grosse société chinoise d’immobilier ( plus Subway , le sénat US et d’autres http://www.mcall.com/business/mc-allentown-subway-accepts-bitcoin-20131119,0,408331.story….paypal le refuse)  : plus il y aura de demande pour le BITCOIN , plus son prix s’envolera donc…

Vous ne deviendrez pas riche avec des BITCOINS : au moindre krash il sera impossible de récupérer ses BITCOINS qui ne sont qu’un numéro..

Il n’y a qu’une seule vrai monnaie : c’est l’or et l’argent, et le BITCOIN est la dernière parade trouvée contre nos métaux !

En plus de stigmatiser une perte de confiance du public envers les monnaies fiats http://www.jolpress.com/blog/bitcoin-monnaie-electronique-virtuelle-822948.html

Alors quoi faire ? 

Pourquoi pas, comme on l’a deja dit, mettre un petite somme d’argent dessus, en moyenne 2 % de son capital, mais pas plus de 5 % , dans un objectif purement spéculatif …

Mais vous pourrez tout perdre à tout moment, dans cette environnement économique apocalyptique

Si vous voulez essayer donc , attendez qu’il revienne autour de 100- 200 $ , un point de résistance clef :  

Image

cours 6 mois en USD

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cours sur 1 an http://blockchain.info/fr/charts/market-price

Vous pouvez placer un ordre sur https://bitcoin-central.net/page/stats à entre 100 et 200$ , car à notre avis il corrigera jusque là ..

Arrivé à ce prix essayez si vous voulez …. En ce cas il faut etre coherent : essayez d’entrer maintenant sur le marché actions, car c’est exactement la meme chose ! On sait que tant qu’il y aura un QE, le prix des actions flambera !

Alors qu’attendez vous, entrez en bourse ! Les actions monteront tant qu’il y aura un QE !

Et c’est toujours pareils, certains pensent qu’ils sont plus malin que les autres et sortirons au dernier moment : ceux là perdront tout !

Donc méfiance au BITCOIN , essayez si vous voulez, mais à vos risques et périls, et dans tous les cas pas plus de 5 % de votre capital : 70 % argent, 15 % or , et puis 10 % actions et 5 % BITCOIN  si vous voulez … Sachant tous les risques que comportent ces 2 derniers (restez en à l’or et l’argent pour etre sur)

Voilà , le BITCOIN est un attrape pigeons pour éloigner les gens des métaux : mais comme tout, si vous achetez bas et vendez haut, pourquoi pas essayer, si vous êtes prêts à perdre de l’argent aussi !

Car pour finir, n’oubliez pas que cela reste une expérimentation qui peut s’arrêter n’importe quand , notamment à causse du blanchiment d’argent sale http://www.numerama.com/magazine/27543-bitcoin-vu-comme-une-menace-pour-la-securite-interieure-aux-usa.html : hé oui , lisez bien tout au lieu que de ne voir que des chiffres

Il y a plein d’autres monnaes alternatives comme le linden dollar, un dollar provenant d’un jeu vidéo (virtuel donc) qui vaut actuellement 0.6 vrai $ !!! https://www.virwox.com/?drgn=1

Tout ce qu’il faut savoir ici : https://fr.bitcoin.it/wiki/FAQ#Quelle_est_la_quantit.C3.A9_totale_de_Bitcoins_en_circulation_.3F

Donc essayez le BITCOIN modérément si ça vous démange, mais vous devrez rester collé a votre écran H 24 à cause de la volatilité , et vous risquez d’attraper des cheveux blancs !

Restez sur l’or et l’argent : voilà les seules valeurs sures … n’entrez pas dans ce jeu, sauf pour essayer et dans les conditions données,… après vous êtes grands !

Personnellement , j’avais l’occasion d’en avoir à 8 cents …je ne regrette pas et ne prendrai  jamais de bitcoins !

Voici 90 ans, le 15 novembre 1923, une nouvelle monnaie, le Rentenmark, était mise en circulation en Allemagne au cours incroyable d’un Rentenmark pour 1.000 milliards de marks.

 

A ce moment-là, il fallait 2.500 milliards de marks pour obtenir un dollar, la seule monnaie du monde qui s’échangeât alors sans difficultés contre de l’or. A la veille du début de la première guerre mondiale, un peu plus de neuf ans plus tôt, le dollar valait 4,19 marks…

Ce 15 novembre 1923 marque l’acmé de l’hyperinflation allemande, qui a débuté à l’été 1922 et s’est accélérée à la fin de l’été 1923, jusqu’à devenir folle. En août 1923, le dollar ne valait encore « que » 350.000 marks…

Un anniversaire passé inaperçu

Le 90ème anniversaire de cet événement est passé un peu inaperçu, y compris en Allemagne, dans une Europe qui, désormais, craint plus la déflation que son contraire. C’est pourtant l’occasion de se pencher sur un phénomène qui modèle encore une grande partie de la pensée économique et politique allemande, et, partant, européenne.

Le lecteur francophone aura bien du mal à trouver, dans sa langue, une histoire détaillée et complète de l’hyperinflation allemande. Il pourra néanmoins, s’il lit l’anglais, se tourner avec profit vers l’ouvrage de Frederick Taylor, The Downfall of Money, paru en septembre aux éditions Bloomsbury. Il y trouvera un récit minutieux des causes qui ont conduit l’Allemagne à la catastrophe de 1923 et une réflexion très poussée sur ses conséquences.

L’illusion de la politique économique durant la guerre

Au chapitre des causes, l’auteur souligne la responsabilité de la politique économique allemande pendant la guerre. En Allemagne comme en France ou au Royaume-Uni, le conflit a été financé par la planche à billets. Mais, soumis à un blocus sévère, le Reich a dû faire un usage moins immodéré encore que ses adversaires de la création monétaire et de la dette publique.

Frederick Taylor montre bien, en se fondant notamment la thèse développée dans les années 1960 par l’historien allemand Fritz Fischer, combien les responsables militaires et civils allemands ont compté sur la victoire pour payer leurs dettes.

En France, on a longtemps blâmé l’illusion de « l’Allemagne paiera » qui a guidé la politique du pays dans les années 1920. Mais l’on ignore souvent que, de l’autre côté de la ligne bleue des Vosges, on se berçait, également, durant la guerre de l’illusion que « la France paiera. »

« Si Dieu nous offre la victoire et la possibilité de construire la paix selon nos besoins et nos nécessités, nous entendons, et nous sommes légitimes pour cela, ne pas oublier la question des coûts du conflit », proclame dans un discours cité dans l’ouvrage le vice-chancelier Karl Helferich en août 1915 au Reichstag.

Un « mur de la dette »

Après sa défaite, l’Allemagne s’est naturellement retrouvée face à un « mur de la dette » impossible à franchir sans avoir encore recours à la création monétaire. Un recours qui s’est rapidement auto-entretenu : pour rembourser les dettes, on en contractait de nouvelles et l’on payait le tout avec de l’argent fraîchement imprimé.

La Reichsbank, encore aux mains de responsables nommées par la monarchie, a alors poursuivi, malgré la défaite et Versailles, la politique menée durant la guerre. Et c’est ce qui a conduit à l’hyperinflation.

L’incapacité des gouvernants à briser le cercle vicieux de l’inflation

Mais – et ce n’est pas le moindre des intérêts de l’ouvrage de Frederick Taylor de le montrer – l’hyperinflation allemande n’est pas qu’un phénomène économique. Si la hausse des prix et l’endettement public a échappé à tout contrôle, c’est aussi parce que les gouvernements issus de la défaite ont été incapables de prendre des mesures sévères pour contrer cette spirale. Pourquoi ?

Parce que le régime républicain est d’emblée un régime faible, pris en étau entre la gauche révolutionnaire et l’extrême-droite revancharde. Les années 1919-1923, pendant lesquelles l’Allemagne prend le chemin de l’hyperinflation, sont aussi celles d’une instabilité politique profonde où les coups d’Etat monarchistes et les assassinats politiques succèdent aux tentatives révolutionnaires.

« Les considérations économiques ne sont jamais venues qu’en deuxième lieu »

Comme le résume Frederick Taylor: « Les politiciens de la république de Weimar, socialistes ou non, ont montré une tendance à prendre des décisions en termes de bénéfices sociaux et politiques perçus. Les considérations économiques, même les plus apparemment urgentes, ne sont jamais venues qu’en deuxième lieu. » Et d’ajouter : « le temps ne semblait jamais venu d’imposer à nouveau une chasteté financière potentiellement trop douloureuse. »

Dans ces conditions, tenir une politique économique de réduction des dépenses et de contrôle de la masse monétaire tenait de la gageure. Frederick Taylor montre avec brio comment les gouvernements tentèrent alors « d’acheter » le ralliement populaire à la république par la dépense publique. Le seul homme, selon l’auteur, capable de faire cesser cette politique était Mathias Erzberger, assassiné par des nationalistes en août 1921.

Le jeu trouble du patronat

Frederick Taylor montre aussi le jeu trouble du patronat allemand dans cette période. Lui aussi a craint la « contagion révolutionnaire » russe et, pour arracher la paix sociale, va accorder des hausses sensibles de salaires qui vont alimenter la spirale inflationniste.

D’autant que les exportateurs, comme Hugo Stinnes, un magnat de la sidérurgie dont l’auteur fait un portrait très complet, vont profiter de leurs accès aux marchés étrangers et donc aux devises pour gagner des sommes considérables.

Régulièrement, les industriels vont freiner toute tentative gouvernementale pour ralentir la hausse des prix afin de bénéficier d’une compétitivité immense grâce à la dévaluation du mark. Frederick Taylor raconte ainsi que, jusqu’à l’été 1923 et à l’emballement de l’inflation, l’Allemagne affichait un quasi-plein emploi !

La responsabilité américaine mise en évidence

Enfin, de façon plus traditionnelle, Frederick Taylor pointe la responsabilité des alliés. Mais il la replace aussi à sa juste valeur et sans le simplisme habituel. Certes, le traité de Versailles imposait des conditions impossibles à une économie déjà à terre. Certes, la politique « jusqu’au-boutiste » de Raymond Poincaré en 1922-23, notamment l’occupation de la Ruhr en janvier 1923, est une des causes les plus directes de l’hyperinflation.

Mais Frederick Taylor pointe aussi la mauvaise volonté allemande et, surtout, la responsabilité ultime des Etats-Unis.

C’est parce que les Américains voulaient que les dettes de guerre de leurs alliés – et notamment des Français – fussent intégralement payées que ces derniers ont été si exigeants eux-mêmes avec l’Allemagne. « Les réparations, écrit Frederick Taylor, furent un moyen pour les alliés victorieux de rembourser leurs propres dettes de guerre » aux Américains.

« Pour dégager des excédents, il faut que quelqu’un accuse un déficit »

Mais pour que les vœux américains et ceux des alliés fussent satisfaits, il eût fallu que les pays européens puissent dégager des excédents commerciaux suffisants pour obtenir l’or nécessaire aux remboursements de ces dettes de guerre. Toutefois, comme le souligne Frederick Taylor, « pour dégager des excédents, il faut que quelqu’un accuse un déficit. »

Or, à ce moment même, les Américains (et les Britanniques) mènent une politique d’austérité budgétaire qui conduit à une récession de leurs économies. « A qui, alors, l’Allemagne était supposée vendre ses produits pour obtenir l’or nécessaire aux remboursement des réparations ? », s’interroge l’auteur.

L’ouvrage de Frederick Taylor montre ainsi la responsabilité de la politique isolationniste américaine menée par les administrations républicaines arrivées au pouvoir à partir de 1920 dans l’escalade de la situation allemande. Bien loin de l’image d’Epinal d’une Amérique soucieuse de l’avenir de l’Allemagne s’opposant à une France aveuglée par la vengeance…

L’effet sur la classe moyenne intellectuelle

Pour finir, après voir décrit brillamment la folie de cet automne 1923 et – ce qui n’est pas le moins intéressant – son impact sur la société allemande et sur la psyché collective allemande, Frederick Taylor insiste sur l’effet « éthique » de l’inflation qui, en dévaluant l’argent dévalue également les repères de bien et de mal et les liens humains.

« En 1923, toute l’Allemagne était devenue un vaste marché où tout était à vendre », souligne l’auteur. Les classes moyennes, notamment celles qui vivaient du travail intellectuel, la Bildungbürgertum, voient alors leurs valeurs s’effondrer. Par exemple, celle du mariage fondée sur un système de dot en échange de la virginité de l’épousée.

« Quand l’argent est devenu sans valeur, le système s’est effondré », note ainsi une femme témoin de l’époque citée par l’auteur. Laquelle conclut : « Ce qui est arrivé avec l’inflation, c’est que la virginité a absolument cessé d’importer. »

La construction du mythe

Cet effondrement de la classe moyenne est un des arguments essentiels de Frederick Taylor pour expliquer un paradoxe. L’Allemagne n’a pas été le seul pays frappé par l’hyperinflation à cette époque. Quoique dans une mesure moindre, la France, l’Italie et l’Autriche ont connu aussi des périodes de ce type.

A d’autres époques, la Grèce ou la Hongrie du lendemain de la Seconde guerre mondiale ont connu des périodes d’hyperinflation plus sévères que l’Allemagne des années 1920. Mais « aucun de ces pays n’a été aussi apeuré de façon permanente par cette expérience », souligne l’auteur.

Le triomphe d’Hitler est venu pendant la déflation

« Pourquoi ce traumatisme allemand ? » s’interroge-t-il à la fin du livre. Il y a évidemment l’horreur nazie. Mais le triomphe d’Hitler est venu pendant la déflation, non pendant l’inflation où, précisément, le putsch nazi de Munich de novembre 1923 a échoué.

Frederick Taylor explique ce traumatisme par son impact sur les classes moyennes intellectuelles. Ces dernières avaient, sous l’Empire, un prestige social immense. Avec l’inflation, ces classes se sont muées en un nouveau prolétariat. Alors que les ouvriers ont plus ou moins pu couvrir la perte de valeur de la monnaie grâce aux hausses de salaires, la Bildungsbürgertum a subi une déchéance qui l’a rapprochée socialement de la classe ouvrière.

Les « ordolibéraux » sont les traumatisés de 1923

« Dans le cas de l’Allemagne, c’est en grande partie parce qu’une classe sociale relativement petite, mais jadis extraordinairement prestigieuse, a perdu plus que quiconque dans l’inflation » que le traumatisme allemand a été construit. Les victimes principales de l’inflation « sont devenues une grande force qui forgera l’opinion au cours des trois quarts de siècle suivants. »

C’est cette classe qui ira grossir les rangs des déçus de Weimar en 1930-1933 et c’est elle qui organisera la reconstruction du pays après 1945. Ceux que l’on a appelé les « ordolibéraux » sont les traumatisés de 1923. « Ce phénomène joue un rôle important, peut-être crucial, dans la transformation de l’expérience de l’inflation qui a été une expérience dure, mais supportable pour beaucoup – en une catastrophe nationale reconnue par tous », explique Frederick Taylor.

La lecture de son ouvrage permet de comprendre une bonne partie du fossé qui sépare encore l’Allemagne du reste de l’Europe.

Frederick Taylor, The Downfall of Money, Bloomsbury 2013, 432 pages, 25 £ ou 30 $.

 

Vidéo du WE : Mike Maloney The Biggest Scam In The History Of Mankind – Hidden Secrets of Money 4 – VOSTFR

 

via  :  Vidéo du WE : Mike Maloney The Biggest Scam In The History Of Mankind – Hidden Secrets of Money 4 – VOSTFR.